Pourquoi un moine copte a-t-il été arrêté par la police israélienne?

Depuis le 24 octobre, les réseaux sociaux montrent les images d’une intervention policière musclée contre des moines du Saint-Sépulcre. A l’origine de cette intervention un différend entre Coptes et Ethiopiens sur la propriété d’une chapelle.

Les images font le tour de la toile dans le monde chrétien arabe et au-delà: des policiers israéliens maintenant au sol un moine copte sur l’esplanade du Saint-Sépulcre.

Tôt le matin du mardi 24 octobre, devant la résistance de la communauté copte à laisser des ouvriers israéliens entrer pour commencer les travaux de restauration de la chapelle Saint-Michel Archange, dont le plafond s’est partiellement écroulé à l’automne dernier, les autorités israéliennes ont fait intervenir la police contre les moines. Tandis que ces derniers bloquaient la porte, les policiers les ont délogés manu militari. Des images choquantes certes mais une intervention due à un imbroglio historique dont l’histoire de la présence des communautés chrétiennes dans la basilique de la résurrection a le secret.

Situé dans le complexe du Saint-Sépulcre, un des deux accès à la chapelle de Saint-Michel Archange se trouve sur le parvis de la basilique. Une petite porte située au pied de la chapelle dite Des Francs.

C’est dans cette chapelle de l’Ange que la communauté éthiopienne a trouvé refuge au XVIe siècle quand elle fut chassée de l’intérieur de l’église. Ils y furent alors accueillis par les Coptes orthodoxes, les deux Eglises étant alors liées l’une à l’autre. Depuis, le temps a passé et les Éthiopiens – qui au début partageaient le lieu avec les Coptes – ont fini d’abord par le régir seul – ce qui n’alla pas sans incidents entre les deux communautés- et par la suite en réclamer la propriété s’appuyant sur un firman de 1890 du sultan ottoman Abdülhamid II. Depuis lors, Coptes et Éthiopiens sont en conflit ouvert sur la propriété du lieu. Dans l’intervalle, les deux Eglises se sont aussi séparées. Celle que l’on appelait les Coptes d’Ethiopie devenant indépendante en 1959 sous le nom de Église orthodoxe tewahedo éthiopienne.

Tandis que la situation n’était déjà pas simple et alors que les deux communautés ont fait appel devant toutes les autorités en place successives pour qu’elles tranchent leur différend, l’Etat israélien entra dans la danse à son tour. Après l’annexion de Jérusalem en 1967, les bons rapports qui unissaient les Israéliens avec Addis Abeba influencèrent possiblement le choix de la Cour suprême israélienne quand, saisie par les Ethiopiens, elle leur attribua la propriété de la chapelle. Un avis auquel ne s’est jamais rangé l’Eglise copte orthodoxe qui a continué devant le même Etat et la même cour de porter ses propres réclamations et qui prétend qu’en 1971 c’est à elle que les tribunaux disaient appartenir les deux mêmes chapelles.

La suite sur TerraSancta.net.

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