Tribune Septembre 2018 : « La force du réseau éducatif catholique en Terre sainte »

Parmi les nombreuses oeuvres du Patriarcat latin de Jérusalem, ses écoles forment un tissu essentiel pour l’éducation intégrale de la personne et la transmission
de la foi.

Il y a maintenant 170 ans que le Pape Pie IX a recréé le diocèse patriarcal de Jérusalem pour les Latins, et celui-ci ne cesse d’évoluer afin de répondre aux enjeux pastoraux et spirituels de ses fidèles. Car la Terre sainte conjugue les sanctuaires universels pour les pèlerins mais aussi les sanctuaires à l’échelle diocésaine pour les fidèles de cette Terre.

Erigé en patriarcat en 451 au concile de Chalcédoine, l’évêché de Jérusalem compte aujourd’hui 69 paroisses dont la gestion est assurée par des prêtres diocésains,
des religieux franciscains de la Custodie ou d’autres congrégations religieuses. A ce réseau de paroisses s’ajoute aussi le séminaire patriarcal, l’imprimerie diocésaine, les centres de scouts et les centres sociaux et humanitaires. Grâce aux institutions chrétiennes et aux communautés religieuses, le patriarcat continue d’assurer la mission d’aider les populations locales dans des situations difficiles.

Dans son développement, le patriarcat latin de Jérusalem a souvent construit des écoles avant même d’édifier des églises. Ainsi, la mission de ces écoles est d’apporter une éducation chrétienne au plus près des fidèles du diocèse, afin que la foi chrétienne soit la source de l’intelligence et éclaire la raison humaine. Aujourd’hui, les 42 écoles diocésaines auxquels s’ajoutent les 64 écoles congrégationnistes, forment un réseau essentiel qui per met aux fidèles de vivre leur vie chrétienne au milieu de gens ayant des attitudes diverses à l’égard de la foi catholique. Ces écoles sont des cadres uniques qui cultivent le dialogue, éduquent la personne tout entière et aident les jeunes et les adultes non catholiques à grandir dans la connaissance et l’amitié avec Dieu.

Les chrétiens de Terre sainte, témoins du mystère de l’Incarnation.

Cette Eglise première des chrétiens de Terre sainte, dont nous sommes les héritiers, nous 05fait ainsi entrer dans le mystère de l’Incarnation par sa présence et ses difficultés. Les chrétiens de Terre sainte sont les protagonistes de leur propre vie, mais aussi de celle de l’Eglise, ils comptent sur le soutien et les prières de toute la communauté ecclésiale. Avec des réalités différentes toujours en mutation entre chaque pays que compte ce diocèse, l’Eglise locale est aujourd’hui en train de se renouveler afin d’être pleinement actrice de son avenir. Avec un Orient en crise et en transformation, il est important d’encourager les chrétiens à oeuvrer par eux-mêmes, en trouvant leur place dans la société et en restaurant et en développant leurs institutions, seul moyen d’envisager un avenir. Les chrétiens de Terre sainte doivent être soutenus dans leur foi et dans leur engagement social afin de combattre les tentations et particulièrement le pessimisme stérile.

Aujourd’hui, sans l’Ordre du Saint-Sépulcre, l’Eglise locale ne saurait parvenir à supporter elle seule la mission de soutien aux communautés locales qui accueillent le monde entier sur cette Terre sainte afin de la partager. Alors qu’en 2019 nous serons dans la 920e année de la première création du Patriarcat latin, il est important que l’Ordre continu d’être le premier soutien de la Terre sainte pour oeuvrer au maintien et au développement de ses institutions diocésaines au service des chrétiens et tout spécialement des plus démunis.

Charles-Edouard Guilbert-Roed

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