« C’est pourquoi je ne faiblirai pas  » – Baudouin IV de Jérusalem à Nantes

Cette semaine nous avons rencontré Véronique, créatrice de l’association la Troupe de la Miséricorde, Blanche et Nicolas, comédiens de la troupe. Pourquoi? Ils sont jeunes, sympas et surtout ils ont monté cette année une pièce sur l’histoire de Baudouin IV de Jérusalem, qui sera jouée à Nantes les 10-11 et 17-18 février prochain.
Cette année, la troupe, bénévole, reversera les bénéfices de la pièce à l’association « la crèche de Bethléem ». Bref, on est heureux de vous faire partager cette découverte !

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Véronique : Bonjour, je m’appelle Véronique, j’ai 38 ans et je suis travailleur social. Je suis metteur en scène de la troupe de la Miséricorde depuis 6 ans.

Blanche : je suis en terminale et j’ai 17 ans. J’ai commencé toute jeune dans la troupe dès la première pièce avec un petit rôle : je jouais une jeune révolutionnaire qui cassait tout dans le couvent. J’ai la joie de jouer avec mes frères, sœurs et parents.

Nicolas : J’ai 40 ans et je suis séminariste pour le diocèse de Nantes.

Comment l’idée de créer cette troupe est-elle venue ?

A l’origine en 2007, la troupe était en fait un groupe de prière et de formation spirituelle, rassemblant étudiants et jeunes professionnels, attaché particulièrement au chapelet de la Miséricorde, d’où notre nom. En 2011, un soir, nous avons regardé le film du Dialogue des carmélites et l’idée de jouer la pièce de Bernanos est partie de là. Le groupe a été tout de suite enthousiaste. A la fin du projet, la troupe était née et nous avons voulu poursuivre en proposant des pièces de théâtre sur des thèmes chrétiens. En 2013, ce fut sur l’histoire de Saint Genest, patron des comédiens, en 2014 et 2015 sur Becket de Jean Anouilh, et en 2016, une création d’un de nos acteurs, sur les grands saints du XVIIe avec comme personnage centrale Saint Vincent de Paul : « le siècle des saints, ou le Rosaire du Grand-siècle ».

Au fil des années, nous avons ajouté à notre troupe, les enfants des acteurs, qui voulaient jouer, ils sont devenus « la petite Miséricorde », apportant leur fraicheur aux jeux des adultes. Cela donne à la troupe un climat simple et familial, qui correspond à ce que l’on a souhaité dès le départ : présenter un beau spectacle pour élever les âmes, et rester simple.

Comment choisissez vous les pièces ?

L’idée vient généralement d’un des acteurs, et nous étudions la faisabilité. Ce n’est pas vraiment très formel, on essaie de suivre l’inspiration. Ce qui est certain c’est que dès le début du projet, nous invoquons le Saint concerné et nous lui confions le projet, c’est finalement lui qui nous guide, il est toujours étonnant de voir les petits clins d’œil qu’il nous envoie.

Cette année vous jouez sur Baudouin IV de Jérusalem : qu’est-ce qui vous a attiré dans son histoire ?

Véronique : Cette fois, l’idée est venue d’un de nos petits, largement soutenu par son Papa. Ce qui m’a touchée c’est l’amour pour la Terre Sainte de Baudouin IV à laquelle il s’est consacré tout entier.

Nicolas : La pièce sur Baudouin IV nous offre la possibilité de faire découvrir une belle âme qui se débats dans le labyrinthe du pouvoir et des complots de cours pour gouverner en chrétien. Baudouin IV se révèle être une figure de l’Histoire qui parle encore au monde d’aujourd’hui. Comment vivre en chrétien dans un monde où tout semble s’effondrer? Comment rester un témoin de l’espérance dans une terre ravagée par les luttes de pouvoir? Baudouin IV nous ouvre une voie pleine de sagesse et de confiance vers la sainteté. Blessé dans son corps, déchiré dans son âme il reste fidèle à ses obligations de roi et de baptisé. Dans l’épreuve de la maladie qui dévore son corps il garde constamment le regard fixé sur Celui qui donne sens à sa vie: le Christ. Un Christ souffrant qui expérimente en sa chair la trahison, la torture, l’humiliation et qui pourtant, sur la croix pose un regard de miséricorde vers ce monde aimé de Dieu. Tel Saint François d’Assise recevant les stigmates de la passion, Baudouin IV expérimente jusque dans sa chair une proximité intense avec le Christ souffrant …jusqu’au don de sa vie. Baudouin IV se révèle ainsi  être un témoin de l’Espérance.

Blanche : J’aime beaucoup Baudouin IV de Jérusalem. Je trouve qu’il est un bel exemple pour tous les jeunes qui sont en recherche d’un idéal. J’étais très contente quand j’ai su qu’on jouait cette pièce-là.

Vos bénéfices sont reversés à l’association de « la crèche de Bethléem » Pourquoi l’avoir choisi ? Qu’est-ce qui vous a touché ?

Véronique : Chaque fois, nous reversons nos bénéfices, à une association caritative chrétienne. Il allait de soi, qu’avec un thème comme celui-là, nous jouerions pour une œuvre de Terre-Sainte. J’ai proposé la crèche de Bethléem qui recueille des enfants abandonnés, c’est aussi l’occasion d’aider une association palestinienne chrétienne, dont la vie est si difficile de l’autre côté du mur de séparation. Sur un plan personnel, l’objectif de cette œuvre m’a particulièrement touchée étant donné mon travail.

Blanche : Je trouve que « la crèche de Bethléem » permet à des enfants malheureux de retrouver le sourire. Quand on voit des religieuses en prendre soin je trouve que c’est magnifique…. Ce qui me touche le plus c’est une des photos de leur association qui montre une religieuse tenant un nourrisson dans ses bras…. Vraiment l’image de la crèche, de la Vierge qui sert contre elle les fils de Dieu pour le préserver du froid. C’est très beau comme symbole.

Quel est votre plus beau souvenir ?

Blanche : J’ai plein de beaux souvenirs, j’aime beaucoup lorsque nous commençons à nous retrouver à l’Institut catholique d’Arts et Métiers (ICAM), c’est très familial. Je pense cependant que mon plus beau souvenir c’est lorsque j’ai appris que je jouais Sybille, la sœur de Baudouin. Cela peut paraitre étrange parce que c’est un peu une peste mais j’étais super heureuse d’être une princesse parce que cela faisait plusieurs fois que je jouais une mendiante ! Et de plus cela m’amuse beaucoup de faire la coquette !

Véronique : Ils sont effectivement nombreux et variés, les beaux souvenirs. Cette troupe est une belle aventure humaine et spirituelle et les joies et les peines portées ensemble dans la prière sont parmi les plus beaux moments. Cette année, l’évènement que je retiens c’est l’entrée de notre premier Baudouin IV au séminaire, il porte le nom de Baudouin, et interprétait donc son Saint patron. Nous avons pu jouer une fois avec lui en septembre deux jours avant qu’il rentre, et c’est ce jour-là que nous avons fait connaissance de Timothée qui acceptait de relever le défi et de reprendre le rôle, après six mois de recherche. Sur cette photo, nos deux Baudouin IV se passent le relais. Le moment a été particulièrement émouvant. C’est pour moi l’occasion de dire à Timothée, combien il a forcé notre admiration dans son investissement et dans son amour pour son personnage.

Retrouvez toutes les informations sur les dates du spectacle de la Troupe de la miséricorde ainsi que la bande annonce sur Baudouin IV.

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