Un édicule. Des édicules.

Le 12 octobre dernier, Charles-Edouard Guilbert-Roed a donné une conférence à l’Ecole biblique et archéologique de Jérusalem intitulée « Copier l’Edicule du Saint Sépulcre de Jérusalem ; l’architecture comme vecteur spirituel ». Une occasion pour ce doctorant en histoire de l’architecture à l’Ecole pratique des Hautes Etudes d’expliciter la portée spirituelle de ces copies.

A défaut d’avoir assisté à cette conférence, nous pouvons retrouver son interview pour le site du Patriarcat latin de Jérusalem :

Combien d’exemplaires y a-t-il ? Quelles sont les périodes dans lesquelles ils ont été construits ? Quels sont les différents styles architecturaux ?

A ce jour, mes recherches ont permis d’identifier près de 130 copies des Edicules du Saint-Sépulcre. La construction d’une copie du tombeau correspond à la reproduction architecturale à l’échelle 1 de l’Edicule tel qu’il a été à Jérusalem. L’édicule y a connu quatre formes, une première byzantine, une seconde présente à partir de 1012 puis la troisième à partir de 1555, et enfin l’Edicule que nous connaissons à partir de 1810. Aujourd’hui les trois premières formes ont disparu physiquement, mais par leurs copies il est possible de les retrouver grandeur nature. Ainsi ces copies sont une véritable richesse afin de connaitre la réception du Tombeau mais aussi de sa compréhension. Dans le corpus que j’ai présenté lors de la conférence l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem le 12 octobre dernier, les copies ont été réalisées entre le Xème et le XXème siècle. Avec presque mille ans de chronologie, ces copies ont connu des évolutions et leurs styles a aussi évolué en fonction du lieu où elles ont été construites. De façon général, il est possible de classer les copies en fonction de l’original voulant être copié, soit un édifice de style byzantin, roman, gothique, celui actuel et un dernier de libre interprétation de l’original que j’ai appelé style fantaisie.

Pourquoi certaines copies ressemblent à la tombe originale mais d’autres en diffèrent ?

Cela fait partie de mes découvertes sur le sujet. De nombreuses constructions se veulent être une copie d’un Edicule ayant été présent à Jérusalem. Le point commun de ces édifices est la série de colonnes qui entourent l’édifice. Celles-ci sont reproduites à chaque fois, ce qui permet de différencier l’édifice d’une simple chapelle. Les explications probables de ses différences sont certainement une connaissance partielle de l’original, des erreurs dans les échelles, mais surtout une appropriation culturelle du tombeau. Il est ainsi possible de constater que les influences stylistiques sont présentes dans ces copies afin de permettre une meilleure compréhension de celui qui la visite car cet édifice est intégré dans un environnement qui lui est familier. Enfin, il existe des copies qui ne présentent aucune similarité architecturale avec l’édicule original. Celles-ci à mon sens sont aussi très intéressantes, car elles permettent d’imaginer comment l’Edicule aurait pu être construit au XVIIème ou XVIIIème siècle par exemple s’il avait fallu le reconstruire.

Qui étaient les personnes qui ont initié la construction de ces copies ?

A ce jour l’étude du corpus des copies ne permet pas de donner de conclusion définitive à cette question. D’ores et déjà, nous pouvons constater que divers groupes ont été acteurs dans l’édification de ces édicules. Les premiers sont les Franciscains, Gardiens de Lieux Saints, lesquels sont à l’origine de la création de nombreuses copies en particulier dans les Sacro-Monti. Un certain nombre de couvents franciscains possèdent même en leur sein un Edicule, comme par exemple dans le couvent de la Custodie Washington qui conserve aussi une copie du Tombeau de la Vierge, du Dôme de l’Assomption ou de la Grotte de la Nativité. Par ailleurs, il est devenu évident qu’une grande partie de ces copies a été réalisée entre la fin du XVIIème siècle et le XVIIIème ; elles sont à l’initiative de Capucins, branches des franciscains après le Concile de Trente, ou de Jésuites. Outre ces communautés religieuses, les acteurs de la construction de copies sont d’anciens pèlerins, des évêques et des particuliers.

[…]

 

La suite sur le site du Patriarcat latin de Jérusalem.

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