Tribune Avril 2017 :  »Donner des ailes à l’espérance »

À l’occasion de la Collecte annuelle du Vendredi saint, pour la Terre sainte, la Congrégation pour les Églises orientales a adressé une Lettre aux évêques du monde entier pour leur demander leur soutien aux chrétiens de Terre sainte, comme c’est la tradition.

Excellence révérendissime,

Le parcours de Carême que nous faisons, nous invite à tourner notre regard vers son but nous sommes appelés à suivre Notre Seigneur Jésus-Christ jusqu’au Golgotha pour descendre ensuite avec Lui au Sépulcre ; pour enfin expérimenter la puissance toujours nouvelle et vivifiante de Sa Résurrection. Les Lieux-Saints de notre foi sont le témoignage tangible de cet événement extraordinaire qui a changé l’Histoire de l’humanité et l’a ouverte à une espérance nouvelle.

De ces lieux, l’annonce de Pâques s’est répandue dans tout le monde et continue à être diffusée. Dans ces régions, sans interruption depuis des siècles, au prix de grands sacrifices et du martyr, une communauté chrétienne a été présente, figure universelle de la Pentecôte.

Le sens de la communion dans le Christ, mort et ressuscité pour nous, nous pousse cette année encore à promouvoir la grande initiative de la Collecte pour la Terre-Sainte, lien de fraternité qui unit l’Eglise Universelle à l’Eglise-Mère de Jérusalem. Le Saint-Père, à l’occasion de l’Assemblée de la Réunion des Oeuvres d’Aide pour les Églises Orientales (ROACO) le 16 juin 2016, alors qu’il se référait aux travaux de restauration de la Basilique de la Nativité à Bethléem et de l’Edicule du Saint-Sépulcre à Jérusalem, a rappelé la valeur, non seulement de la présence de l’Église en Terre-Sainte, mais aussi du « maintien des Lieux-Saints et des Sanctuaires, grâce aussi à la Collecte du Vendredi Saint qui tous les ans se renouvelle depuis l’heureuse intuition du Bienheureux Paul VI ».  Avec la généreuse contribution de tant de catholiques ou non, les travaux des deux sites, patrimoine de la Chrétienté, avancent avec des résultats notables.

Vivre aujourd’hui la foi chrétienne au Moyen-Orient est difficile, nous le savons bien. C’est particulièrement vrai en Irak, en Syrie et en Egypte où les communautés chrétiennes ont fait l’expérience de l’oecuménisme du sang et où chaque fidèle doit lutter tous les jours contre la tentation d’abandonner sa terre et même sa foi. Ce n’est pas plus facile dans les autres pays de la région où souvent les chrétiens sont soumis à des formes d’oppression et de discrimination qui minent jour après jour leurs conditions de vie.

Maintenir vive l’espérance dans ces contextes est vraiment ardu mais dans le même temps très important. La faible présence chrétienne au Moyen-Orient a besoin, pour cette raison de sentir le soutien et la proximité de toute l’Église ; soutien fait de prière constante pour eux ; soutien fait aussi d’aide économique concrète, en tenant compte de ce que Saint Paul écrivait lors de la première collecte pour Jérusalem : « Que chacun donne comme il a décidé dans son coeur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement » (2 Cor. 9,7).

Encore une fois, merci pour la générosité de toute l’Eglise, qui se concrétise et se manisfeste dans la Collecte du Vendredi-Saint, les communautés catholiques de Terre-Sainte, celle latine du Diocèse patriarcal de Jérusalem, celle de la Custodie Franciscaine et des autres Circonscriptions, comme celles orientales – grécomelkites, coptes, maronites, syro-catholiques, chaldéennes, arméniennes – avec les familles religieuses et les organismes en tout genre, pourrront à leur tour aider concrètement les pauvres et les malades de tout peuple et de toute foi, sans distinction.

Les paroisses poursuivront leur travail pastoral avec une attention préférentielle pour les pauvres ; les écoles seront les lieux de rencontre entre chrétiens et musulmans pour préparer ensemble un futur de respect et de collaboration ; les hopitaux et les dispensaires, les hospices et les centres de rencontre continueront à accueillir les malades, les nécessitaux, les réfugiés, les personnes de tout âge et religion frappées par les horreurs de la guerre. Ils nous interpellent tous les jours et nous ne pouvons pas oublier le visage de milliers d’enfants et de jeunes en âge scolaire fuyant la violence et la persécution en Syrie et en Irak qui ont été accueillis dans les écoles chrétiennes des pays voisins, grâce à cette Collecte.

Un autre élément important qui donne vitalité à l’Église en Terre-Sainte, est le pèlerinage, une initiative à promouvoir continuellement. Par ce voyage sur les lieux sacrés et sur les traces du Christ, il est possible de retrouver la foi et de redécouvrir nos origines, mais c’est aussi un moyen pour la nouvelle évangélisation. Les pèlerinages sont une ressource essentiel pour la population chrétienne de Terre-Sainte. Selon de récentes statistiques 30% de la communauté locale – à Jérusalem et à Bethléem – vit et travaille grâce à la présence des pèlerins.

Dans ces jours de préparation à Pâques, renouvelons notre engagement à être des artisans de paix, en priant et en oeuvrant pour que la paix habite le coeur des hommes, spécialement le coeur de nos frères et de nos soeurs de Terre-Sainte et du Moyen-Orient.

A vous, aux prêtres, aux consacrés et aux fidèles qui s’emploient à la bonne réussite de la Collecte, j’ai la joie de vous transmettre la vive reconnaissance de notre Saint-Père François jointe à la gratitude de la Congrégation pour les Églises Orientales. En invoquant sur vous et votre ministère pastoral et sur tous les fidèles de votre territoire la bénédiction de Dieu, je vous souhaite une bonne fête de Pâques et un salut très fraternel en Notre Seigneur Jésus.

Cardinal Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales

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