« Taybeh, dernier village chrétien de Palestine » : Prix littéraire 2016 de l’Œuvre d’Orient.

Le livre de F. Van Gaver et K. Maadi « Taybeh, dernier village chrétien de Palestine » remporte le Prix littéraire 2016 de l’Œuvre d’Orient.

Le jury s’est réuni mardi 24 mai 2016 dans l’après-midi pour délibérer. Il récompense « le côté simple du livre, le témoignage chrétien mais aussi le témoignage humain, en plus de la dimension de l’espérance, car à une période où l’on parle des Chrétiens d’Orient comme des communautés qui vont disparaître ou qui partent, lorsque nous lisons ce livre nous voyons un village qui vit quotidiennement et qui prépare son avenir, il ne vit pas comme si c’était ses derniers jours ». Antoine Fleyfel, professeur de philosophie et théologie à l’Université catholique de Lille.

urlTaybeh est un village de 1300 âmes, situé dans les Territoires palestiniens au-delà du Mur de Séparation. C’est le dernier village entièrement chrétien de Terre-Sainte. Vestige vivant d’une Palestine chrétienne oubliée, Taybeh plonge le lecteur au coeur d’un passé révolu. Falk van Gaver y a passé deux ans.

Alors que l’exode des chrétiens d’Orient est devenu une préoccupation mondiale, ce récit optimiste et beau nous plonge dans le quotidien des chrétiens de Palestine, décidés à rester chez eux coûte que coûte.

Avec Kassam Maaddi, jeune catholique de Taybeh, il en rapporte ces savoureuses chroniques du quotidien des Arabes chrétiens dont la vie se passe entre société musulmane et occupation israélienne. Ni catastrophiste ni militant, ce récit nous entraîne au coeur d’une petite chrétienté enracinée et vivante qui espère contre tout espoir. Enfin un livre positif sur les chrétiens d’Orient !

Les habitants de Taybeh sont fiers de leur identité chrétienne, qu’ils font remonter jusqu’au Christ. L’ancien nom de Taybeh est en effet Éphraïm, village biblique cité notamment dans l’évangile de Jean

Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer. Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs ; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm, et il y séjournait avec ses disciples (Jn 11,53-54).

Son antiquité chrétienne est attestée par les ruines de l’église byzantine dite d’El-Khader, qui contient un baptistère monolithe du ve siècle – et qui accueille aussi les célébrations oecuméniques du village. Car, pour mille trois cents habitants, Taybeh compte trois paroisses : orthodoxe, melkite et latine. Depuis dix ans, le père Raed Abusahlia, curé latin de Taybeh, originaire de Zababdeh, dans le nord de la Cisjordanie, s’investit pour dynamiser la vie du village, conduisant de nombreux projets économiques qui ont amélioré le quotidien des habitants : entre autres, un pressoir moderne à huile d’olive, un atelier de céramiques et d’artisanat, une maison d’accueil des personnes âgées… Tandis que le pressoir attend la récolte d’octobre pour la cuvée d’huile d’olives, l’atelier artisanal du vieux pressoir reprend son rythme de croisière, pour fournir ses fameuses lampes de la paix aux églises du monde entier et du travail aux habitants du village – car quoi de plus précieux, ici, qu’un travail qui permet de rester dans son pays ancestral et d’éviter une douloureuse expatriation ?

Extrait de « Taybeh, dernier village chrétien de Palestine« , de Falk Van Gaver et  Kassam Maaddi, publié aux éditions du Rocher.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s