La rentrée des Ecoles Chrétienne de Terre Sainte perturbée par des questions de budget en lien avec l’Etat d’Israel

Deux articles relèvent la crise budgétaire que dénonce la délégation du Bureau des écoles chrétiennes à cause de mesures discriminatoires.

Article de L’Orient le Jour : 

C’est une question d’égalité, un enfant israélien juif a droit à (une scolarité financée à) 100% (par l’Etat) et pas ceux de nos écoles, alors que notre enseignement est l’un des meilleurs en Israël », indique un prêtre.

Un échec des négociations entre l’Etat israélien et des responsables de l’enseignement chrétien autour du budget de ces écoles, qui accueillent majoritairement des Arabes, mettrait en danger la rentrée prévue mardi, a prévenu vendredi un responsable chrétien.

Quelque 33.000 élèves sont scolarisés dans 47 écoles chrétiennes en Israël, qui emploient 3.000 professeurs. Considérant ces établissements comme « non-reconnus », l’Etat israélien les finançait auparavant à hauteur de 65% de leur budget, laissant le reste du financement à la charge des parents. Mais « ce chiffre est tombé à 34% » il y a deux ans, a expliqué vendredi à l’AFP le père Abdel Massih Fahim, directeur des écoles de la Custodie de Terre sainte, citant des chiffres rendus publics par le Parlement israélien. « C’est une question d’égalité, un enfant israélien juif a droit à (une scolarité financée à) 100% (par l’Etat) et pas ceux de nos écoles, alors que notre enseignement est l’un des meilleurs en Israël », a indiqué ce Franciscain.

A la fin de la dernière année scolaire, parents et professeurs des écoles chrétiennes -qui accueillent une majorité d’élèves musulmans- avaient manifesté et alerté les médias sur la rentrée à venir, obtenant des autorités israéliennes la formation d’une commission. « La solution qu’on nous propose, c’est de demander aux parents d’élèves de payer deux fois plus », a déploré le père Abdel Massih Fahim.
L’alternative proposée par les autorités israéliennes est d’appliquer aux écoles chrétiennes le statut d’écoles « officiellement reconnues ». « Mais dans ce cas, le personnel doit dépendre de l’Etat et les bâtiments doivent être mis à la disposition de la municipalité », a expliqué le père Abdel Massih Fahim. « Nous le refusons catégoriquement ».

La présidence israélienne a indiqué dans un communiqué que le président Reuven Rivlin et le ministre de l’Education Naftali Bennett avaient rencontré dans la semaine des responsables ecclésiastiques au cours d’une « rencontre chaleureuse et positive ». « Le président a salué l’important travail de ces écoles », selon ce texte. « Ces déclarations sont positives, mais nous attendons maintenant la proposition du ministre », a réagi le père Abdel Massih Fahim. « Si nous n’obtenons pas satisfaction, nous serons obligés d’annoncer que la rentrée n’aura pas lieu mardi ».

Les porte-parole de la présidence et du ministère de l’Education n’ont pas pu être joints pour plus de détails vendredi en raison de la fermeture de leurs services pour le shabbat. Ces négociations interviennent dans un contexte de plus en plus tendu pour les chrétiens en Israël, leurs représentants ayant affirmé vivre dans la « peur » après que des extrémistes juifs ont récemment brûlé plusieurs lieux de culte.

Article de La Croix : 

Les écoles chrétiennes en Terre sainte en « crise budgétaire »
Le président israélien Reuven Rivlin a reçu lundi 24 août une délégation du Bureau des écoles chrétiennes qui dénonce des mesures discriminatoires à leur encontre.

Naftali Bennett, ministre de l’éducation, a promis de trouver des solutions afin de résoudre la crise budgétaire que connaissent ces écoles.

Le comité de négociation des écoles chrétiennes, présidé par Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, évêque de Nazareth, a rencontré le président israélien Reuven Rivlin, le ministre de l’éducation Naftali Bennett et une délégation du ministère lundi 24 août pour discuter de la crise que traversent les écoles chrétiennes dans le pays.

Selon le comité, le budget des écoles chrétiennes alloué par le ministère de l’éducation aurait été réduit de 45 % ces dix dernières années, les poussant à augmenter les frais d’inscription. Dans ce contexte, les nouvelles réglementations adoptées l’an dernier, qui visent à limiter la capacité des écoles chrétiennes à percevoir des frais de la part des parents, représenteraient « une peine de mort pour ces écoles », dénonçait le 27 mai 2015 le comité dans un communiqué publié au cours d’une journée de manifestations à Jérusalem.

Cette situation a provoqué la rencontre avec le président, alors que plusieurs établissements pourraient ne pas ouvrir leurs portes à la rentrée de septembre.

DÉBAT « VIF »

Un compte rendu de la réunion publié sur le site Internet du Patriarcat latin de Jérusalem évoque un débat « vif », notamment avec Michal Cohen, directrice générale du ministère de l’éducation. « Devenez des écoles publiques », aurait-elle répondu aux membres du comité qui demandaient que les écoles chrétiennes, comme les autres écoles reconnues, reçoivent 100 % des subventions et ne soient plus contraintes de faire payer de frais d’inscriptions supplémentaires.

Cette suggestion déjà formulée par le passé avait alors été vue « comme la fin de l’entreprise éducative chrétienne », explique le communiqué du 27 mai. Dépassant les« réserves » de la directrice générale, le ministre de l’éducation Naftali Bennet a, lui, donné des orientations jugées « très positives » et « chaleureusement appuyées par le président », affirme le compte rendu.

POURSUITE DES NÉGOCIATIONS

Dans un communiqué publié le lendemain de la rencontre, le Bureau des écoles chrétiennes a aussi salué « un pas positif » mais expliqué que « la solution exige la poursuite des négociations ». Les établissements scolaires resteront donc fermés« jusqu’à nouvel ordre ».

Les discussions sur les questions pratiques entre le bureau des écoles et les négociateurs nommés par le ministre de l’éducation ont moins de deux semaines pour aboutir avant la rentrée de septembre.

Les 47 écoles chrétiennes du pays ont été construites grâce à des dons de l’étranger, pour la plupart avant la création de l’État d’Israël. Elles accueillent plus de 30 000 étudiants du pays, « presque uniformément répartis entre chrétiens et non-chrétiens »,selon le comité.

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