Liban : une paroisse franciscaine aux côtés des chrétiens d’Irak

28202
Crédits : Custodie

La Custodie de Terre Sainte est présente au Liban. Active dans plusieurs villes et villages, elle a récemment été sollicitée par des familles irakiennes de Qaraqosh réfugiées au pays du Cèdre. Direction la paroisse franciscaine de Deir Mimas, à l’extrême sud du Liban, où le père Toufic a décidé de venir en aide à ces familles.

En ce début d’hiver, les kilomètres défilent au compteur de la voiture du père Toufic. C’est le premier jour de la semaine et comme à l’accoutumée, il a deux messes à célébrer ; la première à 8 h 30 dans la ville côtière de Tyr, la seconde à 11 h dans les montagnes reculées de Deir Mimas. La Custodie de Terre Sainte y est présente depuis plus de soixante ans avec une église et un couvent. Il n’y a pas de temps à perdre, les fidèles ne se font pas attendre et tout particulièrement les derniers arrivés sur la paroisse : des familles chrétiennes venues de Qaraqosh en Irak.
Depuis quelques semaines et après avoir quitté parents, emplois et biens, elles ont trouvé refuge dans ce nid perché qu’est Deir Mimas, à 90 km de Beyrouth. Le père Toufic, en charge de la paroisse latine, et l’ensemble de ce village chrétien de 400 âmes les ont accueillis matériellement et moralement. “Comment faire autrement ?” questionne une des paroissiennes à la sortie de la messe. “Tous les jours, nous entendons parler de la situation du peuple irakien et tout spécialement des chrétiens qui ont dû fuir, menacés par l’État Islamique.

Alors quand on nous a dit ‘demain des familles chrétiennes de Qaraqosh vont venir se réfugier chez vous’, on s’est organisé”. La simplicité des mots et la sympathie spontanée des villageois de Deir Mimas peuvent laisser perplexe, surtout quand on connaît la pression démographique et économique que font peser sur le Liban les réfugiés syriens 1,6 million, 300 000 Palestiniens et 9 000 Irakiens déjà présents.
Mais comment accueillir des familles démunies, où les loger, où scolariser leurs enfants ? Les habitants de Deir Mimas sont loin d’être rentiers, pour une grande majorité ils sont producteurs d’olives ou employés dans l’armée de la FINUL – la Force Intérimaire des Nations unies au Liban. L’économie du sud Liban a été grandement fragilisée par les guerres successives avec Israël, la dernière remonte à 2006. Mais c’était compter sans l’inventivité du père Toufic, franciscain libanais et supérieur du couvent de Beyrouth. Il explique : “Pour une partie des habitants, Deir Mimas n’est qu’une résidence secondaire estivale, le reste de l’année ils préfèrent le climat plus doux de Beyrouth. Nous leur avons demandé s’ils étaient prêts à louer leur maison à bas prix pour accueillir ces familles”.

Et l’on assiste à un œcuménisme de l’entraide : la Custodie de Terre Sainte prend pour le moment à ses frais les loyers des sept appartements mis à disposition et la paroisse grec-orthodoxe a fait le plein de fuel pour l’hiver ; les habitants donnent des vêtements et des aliments. Lena Ghazzi, seule femme élue au conseil municipal de la ville, se démène dans le village : distribution de rations alimentaires, contact avec des Ong pouvant prendre en charge des frais de santé, transports, traduction… Elle nous emmène rencontrer une des familles. Le père Toufic arrive les bras chargés et les enfants accourent, en quelques semaines il est devenu un familier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s