La France protectrice des chrétiens en Syrie

UNE POLITIQUE IMPÉRIALE DE LA RÉPUBLIQUE LAÏQUE
Depuis des décennies, la France s’est érigée en protectrice des chrétiens de l’empire ottoman, une orientation que ne reniera pas la IIIe République malgré son affrontement interne avec l’Église catholique. Durant la guerre de 1914-1918, c’est souvent au nom de cette tutelle que Paris fait valoir ses droits pour contrer les ambitions britanniques. Avec un succès mitigé.

Au XIXe siècle, le lien entre la France et le Levant1 est réinventé pour appuyer la diplomatie française. C’est l’action aux côtés de la Turquie contre la Russie pendant la guerre de Crimée (1853-1856) qui fait sortir la France de son isolement diplomatique d’après la défaite de Waterloo en 1815 et lui permet de pénétrer le marché ottoman, dont elle promeut la modernisation technique et politique. Le système est lancé par l’Empire, il est repris et amplifié par la IIIe République. C’est aussi pour cela que l’empire ottoman doit être maintenu : par là, le système français pourra l’être également.

En parallèle s’impose le contexte découlant des capitulations et du protectorat français, avec le soutien du Vatican qui n’entretient pas, lui, de relations diplomatiques avec la Sublime Porte. La France étend naturellement son protectorat aux chrétiens d’Orient au grand dam de l’empire ottoman, ce qui se traduit notamment par l’intervention en faveur des maronites au Liban en 1860. «  Il ne s’agit pas d’une œuvre philo-chrétienne. Il s’agit de défendre des intérêts bien compris.  » «  L’armature matérielle du patronage des catholiques d’Orient est (…) au service de l’influence française et non l’inverse  »2. Cette tradition de 1860 va fonder toute la politique française : l’intérêt des chrétiens est ce qui sous-tend nombre de rapports des représentants français. Elle se retrouve particulièrement dans la protection des maronites, la scolarisation des populations ou les subventions aux œuvres catholiques.

Au-delà, la France se lance dans une campagne dont profite l’empire ottoman : investissements économiques et financiers, grands travaux d’aménagement public, développement des transports rapides, réseaux scolaires, formation de cadres techniques… Les investissements économiques et financiers se doublent de la gestion de la dette ottomane.

Les établissements scolaires et hospitaliers constituent le fer de lance de la présence française dans l’empire ottoman : le financement concerne des établissements laïques comme religieux, malgré la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. Ce qui permet d’éduquer une élite francophone, véritable instrument d’influence. Cette situation est somme toute acceptée par la Turquie qui y voit un bénéfice en termes de progrès pour les populations de l’empire…

Suite de l’article de DOMINIQUE TRIMBUR via Orient XXI : cliquer ici.

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