Tribune Octobre 2014 : face à la guerre

Moi, je suis la vigne, vous les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Jean 15,5

 

Mt nébo
Coucher de soleil sur la Mer Morte, à proximité du mont Nébo

Que faire quand quelqu’un à qui nous n’avons rien demandé et à qui nous n’avons rien fait a décidé que nous n’avons plus le droit de vivre là où nous sommes nés ? Que faire lorsqu’à vue humaine aucun choix ne semble bon et que nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir sauver nos proches ? Que faire quand les bombes pleuvent en choisissant leurs victimes au hasard parmi nos voisins, nos cousins, nos enfants ? Enfin et surtout, que faire lorsque le Christ et l’Église nous enseignent de pardonner et d’aimer nos ennemis ?

L’horreur des guerres que vivent de nombreuses familles du Proche et du Moyen-Orient depuis plusieurs mois nous a tous profondément marqués. Impuissants, nous assistions à un nouvel épisode de violence à Gaza, au cœur d’un conflit dont personne ne voit d’issue. Impuissants aussi devant la puissance de l’État islamique et ce déchainement de haine envers les minorités d’Irak et de Syrie. Tous, nous avons pris conscience du danger qu’il représente pour la région : les pays voisins sont débordés par le nombre de réfugiés. Le Liban, la Jordanie et la Turquie en accueillent plusieurs millions. Au Liban, ils composent plus de 30% de la population. Quelles seront les conséquences dans cinq ans ? Comment vont réagir le Hamas et le Hezbollah face à l’émergence du nouveau califat ?

Au cours de ces derniers mois, La Tribune de Terre Sainte a repris de nombreux articles à ce sujet (témoignage du curé de Gaza, chaine de prière, les Chrétiens au milieu des persécutions…) . Nous avons aussi pu entendre les autorités chrétiennes de la région alerter les pays d’Europe sur les conséquences dans nos pays d’une telle déstabilisation. Mgr Parolin nous a rappelé lors de son intervention à l’ONU que l’usage de la force peut s’avérer nécessaire. Nous avons pu lire l’analyse publiée à la suite par la Patriarcat Latin de Jérusalem.

Alors qu’une coalition internationale s’est formée pour intervenir en Irak et en Syrie nous constatons dans l’actualité de ces derniers jours que cela nécessitera de gros moyens et une action dans la durée. Rappelons que, selon les estimations, l’État islamique dispose de 30.000 à 100.000 hommes et d’armements lourds. De plus, les pays occidentaux ont aussi leurs intérêts et leur calendrier, comme nous le rappelle Marc Fromager, directeur de l’AED en France.
Néanmoins, et c’est pour nous tous une formidable lueur d’espoir, un immense mouvement s’est construit depuis cet été. De très nombreuses initiatives ont eu lieu en faveur des Chrétiens d’Orient. L’action politique au niveau international a besoin d’être accompagnée par des signes simples et concrets, parfois invisibles, en faveur de la paix. Notre tribune du mois d’août avait souligné les différents soutiens possibles.

Face à tous ces événements auxquels nous nous sentons souvent démunis, nous devons nous rappeler que la Paix se conquiert d’abord dans notre cœur, par la force de notre prière et de notre vie intérieure. Cela peut sembler facile, peut-être même révoltant, devant toutes les atrocités quotidiennes et les souffrances des autres. Pourtant le Christ nous enseigne que la guerre est le fruit de la dureté du cœur de l’Homme. Alors en ce mois du Rosaire qui commence, sans pour autant négliger les actions matérielles, nous devons être en union de prière avec tous les chrétiens d’Orient. La transformation de notre âme à la lumière du Christ Sauveur est certainement le moyen le plus fort dont nous disposons pour transformer le Monde.

 

Louis

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