« Au Liban, je me suis tout de suite senti chez moi »

Quatre mois après la création de l’État islamique, des chrétiens irakiens arrivent toujours au Liban, venus de Mossoul, de Qaraqoch et des villages de la plaine de Ninive. Beyrouth sera une halte avant leur départ en exil vers l’Europe ou l’Amérique.

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Khalil est venu de Qaraqoch avec sa femme et ses quatre enfants. Sa fille Lara, à l’extrême droite, est atteinte de lupus et a besoin d’une greffe. Droits : L’Orient le jour

Au quartier assyrien de Sed el-Baouchrieh, le père Georges Youkhana, responsable de la paroisse, tente tant bien que mal d’aider les familles arrivées depuis quelques mois d’Irak : rations alimentaires, aides auprès des hôpitaux, inscriptions dans les écoles, distribution de vêtements. Il compte sur l’Église, certes, mais aussi sur des donateurs anonymes qui veulent alléger les peines de ces chrétiens arrachés à leur terre.
Le père Youkhana a inscrit dans ces listes toutes les personnes venues d’Irak et ayant frappé à la porte de l’évêché assyrien : assyriens, certes, mais aussi syriaques-catholiques, voire chaldéens et quelques familles yézidies et musulmanes.
Il tient des listes des familles inscrites, le nombre d’enfants, les problèmes auxquels elles ont fait face alors qu’elles étaient en route vers le Liban, comme cette femme qui a perdu trois membres de sa famille sur le chemin séparant Mossoul d’Erbil, ou encore leurs ennuis de santé, l’endroit qu’elles habitaient avant d’arriver au Liban… C’est que le quartier assyrien de Sed el-Baouchrieh abrite actuellement des réfugiés chrétiens, de diverses communautés, venus de Syrie et d’Irak.
« Au cours des derniers mois, quatre réfugiés chrétiens sont morts car l’on ne pouvait pas les hospitaliser. Trois étaient syriens, dont un homme âgé de 50 ans, et un irakien. Le HCR ne couvre pas les frais d’hospitalisation des Syriens et personne n’aide ceux qui viennent d’Irak », dit-il, soulignant qu’il vient de mettre en place une caisse pour couvrir ce genre de situation en cas de besoin.
Le père Youkhana, assyrien libanais, est triste pour ces chrétiens du Moyen-Orient que l’on arrache à leur terre. « Les chrétiens d’Irak se chiffraient à plus de deux millions sous Saddam Hussein, aujourd’hui il sont moins de 500 000 personnes. 100 000 sont partis avec l’instauration de l’État Islamique », rapporte-t-il. « Ce n’est pas qu’ils vivaient dans une démocratie en Irak sous Saddam Hussein, mais au moins, ils n’étaient pas en danger », ajoute-t-il.
Le père Youkhana, comme de plus en plus de chrétiens d’Orient, en veut « aux États-Unis qui, au lieu d’instaurer la démocratie et la justice, ont amené le fondamentalisme en Irak et à la France, car Paris envoie des avions pour transporter des chrétiens sans passeport ni visa vers l’Europe ».
Le religieux, comme nombre de descendants de chrétiens d’Orient ayant été massacrés par des groupes turcs et kurdes à la première moitié du XIXe siècle, voit d’un mauvais œil l’intérêt que l’Occident porte aux Kurdes et estime qu’il ignore la souffrance des chrétiens d’Irak et de Syrie qui sont parmi les premiers peuples christianisés du monde.
Le père Georges Youkhana, assyrien libanais, souligne que « les membres de ma communauté bénéficiant de la nationalité libanaise ne dépasse pas les 6 000 personnes ». Il se souvient de la guerre du Liban, des démarches effectuées – en vain – pour octroyer la nationalité libanaise à des chrétiens d’Orient vivant au Liban depuis des dizaines d’années, des personnes de sa communauté tuées sur les barricades…
Il indique en réponse à une question : « Si je veux parler en mon propre nom, pas celui de l’Église, je suis pour que les chrétiens d’Irak portent les armes pour se défendre et pour préserver leur terre. Il faut que quelqu’un les soutienne. »

Lire la suite sur le site de l’Orient le jour

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