Les objecteurs de conscience en Israël : « Notre non à une société militarisée »

« Grandir dans une société militarisée finit par rendre l’armée et ses armes complètement transparentes. À force, on ne les voit même plus. On ne prête plus du tout attention aux armes à feu que les civils accrochent à leur pantalon en allant faire faire leurs courses. On ne voit plus les M16 que les soldats portent sur leurs épaules dans les rues ».

Sahar Vardi est une jeune fille de 23 ans. Il y a quatre ans, elle a refusé de porter l’uniforme de l’armée israélienne. En Israël, les gens comme elle sont appelés les « refuzniks », bien qu’ils préfèrent se qualifier eux-mêmes d’ « objecteurs de conscience». On en compte quelques-uns chaque année ; après un boom suite à la Seconde Intifada palestinienne (2000-2004), lorsque des centaines de jeunes Israéliens ont refusé de servir dans l’armée, leur nombre a diminué au cours de ces dernières années. Il y a quelques semaines, un groupe de 50 élèves du secondaire a écrit au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui faire part de leur refus de porter l’uniforme. Leur nombre a rapidement augmenté : ils sont maintenant près d’une centaine. Et ce nombre pourrait encore grimper.

«Notre société est prise au piège dans la normalisation de la violence – dit Sahar – . Les armes, les chars, les avions militaires, eux aussi, sont devenus complètement transparents. Ou pire, ils ne sont même plus considérés comme quelque chose de «mauvais», de «dangereux». Pendant les années de lycée, on nous bombarde de propagande pro-armée : chaque année, on doit passer une semaine sur une base militaire pour une première véritable formation. On apprend à tenir un fusil ou une carabine, on porte l’uniforme. On n’a même pas le temps de réfléchir, de poser des questions, ou de remettre en question la structure d’une telle société. Enfants, on grandit dans la peur constante de l’autre. Par exemple, pendant des voyages scolaires en Europe, les enseignants nous disent de ne pas parler en hébreu parce que les Européens nous détestent ; la chanson que nous chantons pendant les vacances le montre bien : « Dans le monde il y aura toujours quelqu’un qui voudra nous exterminer ». Nous sommes éduqués dans la peur, dans la crainte d’être détestés, et ainsi, on nourrit un attachement à l’armée ».

Gilad, assis à côté de Sahar, a tout juste 16 ans. Il est l’un des signataires de la lettre du «grand refus ». Il a les cheveux roux, le visage clair. «Les armes font partie de ma vie et de mon identité israélienne. Je suis entouré par des soldats et des armes, comme tout le reste de la population, mais je ne me sens pas inclus dans cette vie-là. C’est pourquoi j’ai décidé de signer cette lettre : tout d’abord parce que je suis contre l’occupation militaire des territoires palestiniens, et d’autre part, parce que je suis contre la mentalité machiste qui règne dans l’armée, et qui se traduit dans la société civile et sa structure ».

Article complet de Chiara Cruciati via terrasana.net : cliquer ici.

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