Les Palestiniens ont-ils besoin de Mohammed Dahlan ?

À la veille de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, le retour de Mohammed Dahlan dans les territoires palestiniens était évoqué de plus en plus souvent. L’homme avait même fait savoir qu’il était prêt à briguer la présidence de l’Autorité palestinienne. Mais l’unité retrouvée risque de brider son ambition d’occuper une place centrale au sein de la direction politique, voire à remplacer Mahmoud Abbas.

Dahlan naît dans un camp de réfugiés de Gaza en 1961, treize ans après le vote de la résolution 194 qui établit le droit au retour dans leurs foyers de toutes les personnes déplacées par la guerre de 1948 qui le souhaitent. Sa vie est tout entière marquée par le conflit israélo-palestinien. Il se fait vite remarquer. À vingt ans il organise les jeunes du Fatah (Shabiba) qui participeront à la première intifada (1987-1994). Il connaît à plusieurs reprises les geôles israéliennes. Comme beaucoup de prisonniers palestiniens, il joint l’utile à la contrainte en y apprenant l’hébreu. En 1988, Israël le déporte vers la Jordanie pour son rôle pendant l’Intifada. À trente-trois ans, après un détour par la Jordanie et la Tunisie, il revient en Palestine dans les bagages d’Arafat (1994). C’est le début du processus d’Oslo. Le chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) lui donne les clés de Gaza en le chargeant de l’organisation du Fatah et de la Sécurité préventive – une police qui combattrait autant l’ennemi de l’intérieur que celui de l’extérieur. Dahlan s’y taille une sorte d’empire rémunérateur, notamment en prélevant une taxe sur les importations4. Il combat durement le Hamas qui repousse les accords d’Oslo signés par Arafat (1993). Ses responsabilités sécuritaires5 l’amènent à fréquenter la CIA, les services de sécurité israéliens, russes, arabes et européens. Parce qu’il accompagne ses activités d’un discours habile, il s’impose peu à peu comme un leader politique. Il n’a aucun scrupule à critiquer Arafat, auquel pourtant il doit tout. La notion de tabou lui est étrangère. Il donne le sentiment d’être un homme libre, raisonnable, pragmatique, opportuniste et prêt à prendre ses responsabilités. Il conquiert, séduit, est adoubé.« C’est notre homme », aurait dit de lui Georges Bush Jr., ce qui n’était pas un compliment mais un atout….

Article complet d’ ALEXIS VARENDE pour OrientXXI : cliquer ici.

 

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