Et si on partageait Chypre…

PENSER L’IMPENSABLE AU SEIN DE L’UNION EUROPÉENNE

Les pourparlers entre la partie grecque et la partie turque ont repris sous l’égide de l’ONU pour surmonter la division de Chypre qui a suivi l’invasion turque de 1974. Mais ils ont peu de chances d’aboutir. La création de deux États dans le cadre de l’Union européenne pourrait-elle être une solution ?

Source : Treehill/CIA World Factbook, Wikimedia commons
Source : Treehill/CIA World Factbook, Wikimedia commons

Un nouveau cycle de négociations a commencé le 11 février à Chypre, accompagné comme d’habitude d’une bouffée d’optimisme et d’informations assurant que les acteurs principaux étaient bien décidés cette fois à trouver un arrangement. Mais à quel genre de compromis peuvent-ils arriver ? Depuis des décennies, tous les pourparlers butent sur l’objectif affiché : une fédération composée de deux zones, l’une grecque, l’autre turque. N’est-il pas temps d’envisager d’autres solutions, y compris celle d’une séparation à l’amiable de l’île dans le cadre de l’Union européenne ?

C’est en 2004 que les deux parties ont été les plus proches d’un accord sur une réunification dans un cadre fédéral. Il s’agissait du plan Annan, du nom du secrétaire général de l’ONU à l’époque. Ce plan, résultat de plusieurs décennies de travail, avait obtenu l’aval des Nations unies, de l’Union européenne, des États-Unis, de la Turquie et même de la Grèce. Il y eut ensuite les « convergences » recueillies par l’ONU lors des pourparlers de 2008 à 2012, et que l’on connaît grâce à de nombreuses fuites. Elles montrent que toute solution fédérale ressemblerait fortement aux principes qui ont abouti au plan Annan.

REJET DE LA SOLUTION FÉDÉRALE

Et pourtant, en 2004, la réalité du sentiment populaire s’est imposée. 76 % des Chypriotes grecs, représentant quasiment les 4/5e de la population de l’île ont répondu « non » à un référendum sur ce plan ; la population turque, en revanche, l’avait accepté. Comme l’a écrit Kofi Annan dans une lettre au Conseil de sécurité, « ce n’est pas seulement un plan qui a été rejeté, c’est la solution fédérale elle-même ».

Les deux côtés de l’île n’ont jamais été aussi étrangers l’un à l’autre qu’aujourd’hui. Leurs infrastructures, leurs langues, leurs systèmes administratifs sont presque entièrement séparés. Le nombre de passages à la frontière a diminué, et l’idée fédérale recueille de moins en moins de suffrages dans les sondages. En 2004, 65 % des Chypriotes turcs se déclaraient en faveur du plan Annan. Mais en 2010, ils ont confortablement élu un leader qui a bâti sa carrière sur une solution à deux États…

Article complet de  HUGH POPE pour OrientXXI : cliquer ici.

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