L’HISTOIRE OCCULTÉE DES PALESTINIENS, 1947-1953 – SANDRINE MANSOUR-MÉRIEN

Sandrine Mansour-Mérien est docteur en histoire (directeur de thèse Henry Laurens) et chercheur au Centre de Recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA) à l’université de Nantes.

« Avoir un autre regard sur l’histoire » (p.10), tel est le prisme d’analyse de Sandrine Mansour dans cet ouvrage qui replace les hommes au coeur de la Nakba (la catastrophe) en 1948 et rend hommage à la mémoire palestinienne de l’exil. Cette étude propose de replacer historiquement l’exode des Palestiniens en 1948 à la suite du plan de partage des Nations unies, voté le 29 novembre 1947.

L’auteur fonde son analyse sur des écrits d’historiens palestiniens et des témoignages oraux. Mais la particularité de cette étude est qu’elle s’appuie également sur des travaux de l’école des « nouveaux historiens » israéliens. En effet, jusqu’à la fin des années 80, la majorité des historiens israéliens se référaient à la thèse officielle de l’État d’Israël pour expliquer l’exode des Palestiniens entre 1947 et 1949. Selon ce point de vue, l’exil des Palestiniens ferait suite aux appels à la fuite des dirigeants arabes lancés aux Palestiniens dans l’objectif de laisser place aux combattants.

En 1978, suite à l’ouverture des archives de l’État hébreu, une nouvelle vague d’historiens appelés en Israël « les nouveaux historiens », très critiques à l’encontre de la classe politique israélienne, enclenchent une série de travaux qui recoupent ceux d’historiens palestiniens tels que Sharif Kanaan ou encore Walid Khalidi considérés comme des pionniers pour avoir défendu la thèse d’un départ forcé des Palestiniens en 1948. En 1988, Benny Morris (historien israélien) publie La naissance du problème des réfugiés palestiniens où il démontre, par des archives déclassifiés, le rôle des forces juives dans l’expulsion des Palestiniens. Cette nouvelle réflexion sur l’histoire de la création d’Israël va connaître une grand retentissement jusqu’au milieu des années 90 pour constituer un véritable courant de pensée « post-sioniste » au sein du champ historique et intellectuel israélien.

Cette étude de Sandrine Mansour est une nouveauté en ce sens qu’elle entend s’appuyer à la fois sur des écrits d’historiens palestiniens et israéliens.

Compte rendu de Ilham Younes via les Clés du Moyen-Orient : cliquer ici.

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