Tribune Mars 2014

« Je lève mes yeux vers les montagnes…

D’où me viendra le secours ? » Ps. 121 (120)

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Confrontés à la violence, aux brimades et à la perspective d’un avenir difficile, les chrétiens de Terre Sainte, et plus généralement du Moyen-Orient, sont tentés par l’exil. Comment ne pas comprendre ce choix, même pour nous qui vivons loin de ces situations ? Pourtant, les chefs religieux – tel le chef de l’Église melkite-catholique, le Patriarche Gregorios III le mois dernier, mais encore le patriarche latin de Jérusalem S. B. Fouad Twal et, il y a quelques jours, Mgr Sako, le patriarche de Babylone des Chaldéens – appellent les fidèles à rester sur place et à témoigner de leur foi dans leurs pays, au milieu des souffrances. Ce témoignage courageux a une résonnance bien au-delà des frontières moyen-orientales, pour l’ensemble de la chrétienté, et donc pour nous.

La force et le courage des populations rencontrées en Terre Sainte est édifiante. Témoins du Christ sur la terre-même où Il s’est incarné, les chrétiens de Terre Sainte et du Moyen-Orient sont pour l’ensemble de l’Eglise un vibrant appel à vivre sa foi intensément, courageusement et résolument, au milieu des difficultés. Des jeunes rencontrés dans une paroisse latine de Cisjordanie m’ont témoigné de ce que leur naissance en Terre Sainte était pour eux un appel de Dieu à vivre leur foi sur cette terre. Il n’y avait aucun angélisme béat dans leur propos. Bien au contraire, la difficulté de ce choix était pour eux quotidienne : avenir professionnel limité malgré de hautes études, difficultés de la vie quotidienne – et notamment des déplacements –, écart de vie criant avec les populations juives. Mais la certitude de la présence du Christ à leurs côtés était un gage de ce que ce choix était possible.

Tournons notre regard vers Jérusalem ! car nos frères de Terre sainte ont tant de choses à nous apporter. Eglise première, ils nous révèlent les sources de notre foi. Orientaux, ils sont une porte d’entrée vers cette culture et, donc, les Ecritures. Multiples, ils nous offrent de découvrir la beauté de la diversité chrétienne.

Tournons notre âme vers Jérusalem, par la prière pour la Terre Sainte et ses habitants. C’est au Saint-Sépulcre que débute la foi chrétienne, car sans la résurrection, notre foi est vaine (1 Co. 15, 14). Prions pour eux, et avec eux, comme si l’action était inutile, car de la bouche même d’un prélat, « la situation serait désespérée, si nous n’avions pas la prière ».

Tournons notre cœur vers Jérusalem, afin de tenter d’alléger les souffrances des populations locales en les aidant matériellement. Gardons à l’esprit leurs difficultés et leurs souffrances, comme nous le ferions de membres de notre famille ; développons avec eux une fraternité.

Tournons notre corps vers Jérusalem, en allant à la rencontre de nos frères chrétiens, en associant à notre pèlerinage sur place des visites aux communautés chrétiennes locales. Que ce mouvement de notre corps, à l’image du Pape François en mai prochain, soit celui de ceux qui viennent  « en homme de prière ».

Paul

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