L’hagiographie syriaque (2012)

Présentation

Lorsqu’on pense aux saints syriaques, ce sont d’abord les noms célèbres de Siméon Stylite, Éphrem le Syrien, Jacques l’Intercis ou Fébronie de Nisibe et les récits exemplaires de leurs hauts faits qui viennent à l’esprit. Mais derrière ces saints syriaques qui ont acquis une notoriété internationale, les noms se comptent par centaines, et le champ couvert est si vaste qu’il n’a rien à envier au domaine grec ou latin. Comme dans les autres sociétés chrétiennes du pourtour méditerranéen, le culte des saints est dès l’origine constitutif de la culture syriaque. Trop longtemps négligée et victime des préjugés concernant un genre considéré comme mineur et partial, la littérature hagiographique, loin de se limiter au domaine strictement religieux, se révèle au contraire une source de premier plan pour qui souhaite appréhender l’histoire sociale et culturelle des chrétientés d’Orient dans la durée, mais aussi leurs rapports aux pouvoirs en place qui se sont succédé en Orient depuis Rome jusqu’aux Ottomans. Qu’elle concerne les martyrs chrétiens de l’Empire perse ou ceux de l’islam, cette littérature apparaît en effet comme un des lieux privilégiés de la construction et de l’affirmation identitaire des communautés syriaques.
Cet ouvrage collectif donne à voir la variété et la richesse de cette production hagiographique encore connue des seuls spécialistes. Les approches transversales, à la fois typologiques, régionales et thématiques ont été privilégiées. Mais ce panorama de la littérature hagiographique syriaque, s’il se concentre sur la période médiévale, propose aussi une ouverture sur des disciplines soeurs avec laquelle l’hagiographie interagit, en particulier la liturgie, l’historiographie et l’histoire de l’art.
L’hagiographie syriaque n’est pas un domaine clos sur lui-même et les histoires des saints du monde syriaque se sont transmis à d’autres communautés chrétiennes depuis le Proche-Orient (Égypte, Arménie, Géorgie), jusqu’à Byzance et l’Occident latin, tout comme inversement le propre syriaque s’est enrichi de multiples emprunts. Ce volume de synthèse s’adresse donc aussi bien aux syriacisants qu’à ceux qui s’intéressent plus largement à l’hagiographie, mais aussi aux transferts religieux et culturels autour du bassin méditerranéen.

Sommaire
  • Introduction, par André Binggeli
  • M. DEBIÉ – « Marcher dans leurs traces » : les discours de l’hagiographie et de l’histoire
  • A. BINGGELI – Les collections de Vies de saints dans les manuscrits syriaques
  • D. TAYLOR – Hagiographie et liturgie syriaque
  • S. P. BROCK – L’hagiographie versifiée
  • Ch. JULLIEN – Les Actes des martyrs perses : transmettre l’histoire
  • V. CALZOLARI – Figures de l’hagiographie syriaque dans la tradition arménienne ancienne (Sałita, Jacques de Nisibe, Maruta de Mayperqaṭ)
  • L. GREISIGER – Saints populaires d’Édesse
  • J.-N. SAINT-LAURENT – Images de femmes dans l’hagiographie syriaque
  • J. TANNOUS – L’hagiographie syro-occidentale à la période islamique
  • R. SMINE – L’art au service de l’hagiographie : la représentation des saints dans la tradition syro-occidentale
  • B. SNELDERS – Art et hagiographie : la construction d’une communauté à Mar Behnam
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